Bilan sur le plan d’épargne retraite un an après son lancement

Il y a un peu plus d’un an, on assistait au lancement d’un nouveau dispositif d’épargne retraite : le plan d’épargne retraite, aussi appelé PER. Ce dispositif a été lancé à l’initiative du gouvernement dans le cadre de la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation de l’Entreprise). Ce dispositif s’inscrit dans une volonté de l’État d’inciter les épargnants à se constituer une retraite par capitalisation. Le PER remplace et fusionne différents dispositifs antérieurs : PERP, PERCO, article 83, Madelin. Le PER est une solution plus simple et plus souple que ces anciens dispositifs. Il rencontre un véritable succès auprès des épargnants puisque plus de 200 000 contrats ont été ouverts au cours des 12 premiers mois.

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Les caractéristiques du plan d’épargne retraite

Le plan d’épargne retraite (PER) est un dispositif d’épargne permettant de préparer sa retraite (voir nos 3 conseils pour préparer sa retraite). Au moment de faire valoir ses droits à la retraite, l’épargnant pourra sortir l’argent de son PER sous forme de rente ou de retrait en capital. À ce moment-là, le PER offre la possibilité de réaliser un retrait partiel ou total du capital investi sur le contrat.

Avant la retraite, il n’est pas possible de retirer l’argent du PER, il s’agit d’une des contraintes majeures de ce produit, laquelle est contrebalancée par des avantages fiscaux significatifs que nous allons évoquer plus bas. Il est toutefois possible de retirer de façon anticipée l’argent du PER en cas d’accident de la vie : la fin des droits au chômage, l’invalidité de son souscripteur ou d’un proche, la faillite d’une entreprise, etc. Un autre cas de figure plus réjouissant permettant une sortie anticipée du PER est l’achat de sa résidence principale.

En dehors de ces cas de figure, le PER se présente donc comme un produit tunnel jusqu’à la retraite. Il s’agit donc d’un produit d’épargne pensé pour l’investissement à long terme. En matière de placements financiers, le PER est analogue à un autre placement bien connu des épargnants français : l’assurance vie. La différence la plus notable (en dehors de la fiscalité) étant que l’assurance vie permet des retraits à tout moment.

Le PER permet d’investir sur des fonds euro ou des supports en unités de compte. Les fonds euro sont des placements sans risque mais peu rémunérateurs (ils le sont d’ailleurs de moins en moins depuis quelques années, la faute à la politique des banques centrales poussant les taux sans risque vers zéro). Les épargnants qui investissent à long terme préféreront investir sur des supports financiers plus performants (via les unités de compte). Ainsi, le PER permet d’investir dans des fonds d’investissement en actions, des fonds obligataires, des fonds diversifiés, ainsi que des supports immobiliers. Ces placements sont plus risqués que les fonds euro mais délivrent des performances intéressantes pour valoriser son patrimoine. À titre indicatif, les sociétés civiles de placement immobilier délivrent un rendement supérieur à 4 %, sans compter la revalorisation des parts (le foncier s’apprécie avec le temps). Les actions et l’immobilier sont deux classes d’actifs très pertinentes pour investir à long terme et préparer sa retraite car elles bénéficient d’une bonne protection contre l’inflation, ce qui n’est pas le cas des fonds euro, des obligations et des fonds monétaires.

Nous l’avons dit plus haut, le PER rencontre un grand succès. Avec ce nouveau dispositif, une des volontés du gouvernement est d’orienter davantage l’épargne des Français vers les entreprises. Est-ce que ce pari est tenu ? La réponse est mitigée. Certes, les épargnants peuvent investir dans des entreprises via les fonds accessibles en unités de compte. Il existe quelques fonds de private equity accessibles en unités de compte au sein du PER, mais l’essentiel des encours va vers des fonds d’investissement investis sur des grosses entreprises des grandes places boursières mondiales. Il n’est pas certain que ce soit l’objectif du gouvernement, lequel cherche plutôt à orienter l’épargne vers les petites et moyennes entreprises françaises. En ce sens, le PEA-PME (2014) est une réponse plus ciblée. Le PEA-PME permet de loger des titres de sociétés européennes dont le chiffre d’affaires n’excède pas 1,5 milliard d’euros.

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La fiscalité du PER

La fiscalité du plan d’épargne retraite est l’un des vrais atouts de ce dispositif. Les Français adorent les solutions pour diminuer leurs impôts. Avec le PER, ils sont servis ! Les versements réalisés sur le PER sont déductibles du revenu imposable. Les versements sont sans limite, en revanche le plafond des déductions est fixé à 10 % du revenu de l’année N-1 ou 10 % du plafond de la sécurité sociale (calculé en année N-1 également). Le plus élevé de ces 2 chiffres est retenu pour définir le plafond des versements déductibles.

Ce dispositif est évidemment très intéressant pour les contribuables supportant les taux d’imposition les plus lourds. Le taux marginal d’imposition le plus élevé atteint 45 %. Ainsi, un contribuable dont une part des revenus est soumise à ce taux pourra réaliser une économie d’impôt de 45 % du montant versé sur son PER. Dans un tel cas de figure, un versement de 10 000 euros permettra une économie d’impôt de 4 500 euros. L’effort d’épargne réel est ici de 5 500 euros.

Le PER n’est pas réservé aux épargnants disposant de revenus imposables importants. Les épargnants les plus modestes (dont ceux ne payant pas l’impôt sur le revenu) peuvent opter pour un avantage fiscal activable à la sortie du PER. Ils peuvent ainsi faire valoir un régime fiscal avantageux sur les retraits du PER. Cet avantage fiscal dépend du mode de sortie (rente ou capital) et différencie la part des versements et la part des plus-values.

Quid de l’offre de contrats de PER un an après son lancement

Au cours des derniers mois, les banques et courtiers ont lancé la commercialisation de dizaines de PER. En termes d’offres commerciales, le meilleur côtoie le pire. Les courtiers en ligne se distinguent avec des contrats supportant peu de frais de gestion et l’absence de frais sur les versements. En matière de supports d’investissement, les épargnants devront là aussi être attentifs. L’offre de supports se révèle très restreinte pour certains contrats ou à l’inverse pléthorique. Certains PER donnent accès à près de mille supports en unités de compte.

Un dernier point important à regarder avant de souscrire un PER : la possibilité de déléguer la gestion du PER en souscrivant à une gestion pilotée performante. Il s’agit d’ailleurs du mode de gestion par défaut pour l’essentiel des épargnants. Le gestionnaire obtient mandat pour gérer le PER dans la durée, et investir le capital en tenant compte du profil et des objectifs financiers de l’épargnant. Les meilleures gestions pilotées s’illustrent par des frais de gestion contenus, et des services tels que l’arbitrage automatique des encours vers des placements sécurisés lorsque l’épargnant approche de l’âge de la retraite.

Fin 2020, un an après le lancement du PER, on trouve désormais de très bons contrats sur le marché. Les épargnants ont encore quelques jours pour profiter de ce dispositif au titre de l’année 2020.

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